Le siège de La Réole en 1325 à la fin du mois d’Août

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Pour la première fois en Europe une ville fut assiégée avec des bouches à feu.

Les Anglais sont à l’intérieur de la ville, les Français arrivent d’Agen et bombardent La Réole. Maurice Druon raconte comment les Réolais ont pu imaginer ce tonnerre qui arrivait, personne n’avait entendu d’explosion auparavant, ils se demandaient si le ciel ne leur tombait pas sur la tête.

Donc très vite les Réolais et la garnison anglaise dirigée par le Duc de Kent rendent les armes. Nous sommes fin août et fin août ici, c’est le début des vendanges. Il est plus important de préserver la récolte de raisins que de continuer la guerre, car la ville de La Réole avait des privilèges du roi concernant la vente des vins qu’ils produisaient et ces privilèges, s’appelaient les privilèges des vins de Bordeaux.

Ils permettaient à ceux qui avaient ce privilège de vendre le vin avant Noël, c’est-à-dire dès qu’il était fait. Les autres devaient attendre le 1er janvier et comme autrefois on ne savait pas conserver les vins comme aujourd’hui et bien on vendait le vin le plus cher avant Noël qu’après le 1er janvier.

Alors, pourquoi ces privilèges comme d’autres d’ailleurs consistaient à bénéficier des taxes qu’il y avait sur tout le trafic soit à la descente soit à la montée.

A la descente on avait des tuiles, on avait du vin de Bordeaux, on avait un certain nombre de marchandises qui étaient produites dans le pays qui partaient sur Bordeaux et qui partaient bien souvent en Angleterre, tous les bateaux qui passaient devaient payer des taxes au passage et à la remontée on avait essentiellement du sel et du poisson séché que l’on appelait stockfish qui était de la morue séchée et salée qui arrivait de Norvège.

Et bien tous ces produits étaient taxés par qui : par les moines.

Pourquoi les moines avaient-ils tous ces privilèges ?

Parce qu’ils étaient là installés sur un endroit pas seulement stratégique mais aussi par rapport au chemin de Saint Jacques de Compostelle.

(Références: Les chroniques de Jehan Froissart et les rois maudits de Maurice Druon)

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