Le vinaigre des 4 voleurs

La recette de ce vinaigre antiseptique remonte au 17° siècle. Alors qu’une épidémie de peste sévit dans le Midi de la France, quatre voleurs – sur lesquels la maladie ne semble pas avoir prise – sont arrêtés alors qu’ils détroussaient des cadavres.

Condamnés à être brûlés vifs, on leur promit d’adoucir leur peine s’ils révélaient le secret de leur apparente immunité, ce qu’ils firent en livrant la formulation de cet onguent à base d’ail, de plantes médicinales et d’épices ayant macérés dans du vinaigre dont ils s’enduisaient les mains et le visage pour échapper à la contagion.

La recette fut communiquée aux populations par voie d’affiches et, même si aucun document ne permet de l’affirmer, sans doute fut-elle un peu efficace puisqu’elle fut inscrite au Codex dès 1748 sous ce nom de « vinaigre des 4 voleurs », voleurs dont la peine – comme promis – fut effectivement adoucie : au lieu du bûcher ils eurent droit au gibet !… Il a été vendu longtemps en pharmacie comme antiseptique naturel d’usage externe.

En dehors d’une éventuelle utilisation en cas de peste qui – il faut bien le dire – est devenue plutôt rare de nos jours, on prête à ce vinaigre diverses vertus (antiseptique, digestive, antirhumatismale, etc.) qui peuvent s’expliquer compte tenu de sa composition que voici si l’envie vous venait de le préparer (formulation du Codex de 1884 qui reste celle mentionnée dans les ouvrages de référence pharmaceutiques officiels contemporains), sachant toutefois que celle-ci a été légèrement remaniée par ceux qui le commercialise, notamment l’absence de rue officinale qui a des effets indésirables (en étant notamment abortive, neurotoxique et photo sensibilisante) et qui, de plus, est contre indiquée pendant la grossesse et chez les enfants) :

  • Acide acétique cristallisé – 40 g
  • Camphre – 10 g
  • Sauge – 40 g
  • Thym – 40 g
  • Romarin – 40 g
  • Rue – 40 g
  • Menthe – 40 g
  • Lavande – 40 g
  • Petite absinthe – 40 g
  • Grande absinthe – 40g
  • Girofle – 5g
  • Cannelle – 5g
  • Calamus – 5g
  • Ail – 5g
  1. Faire macérer les plantes dans deux litres et demi de vinaigre blanc pendant dix jours. Passer avec expression.
  2. Ajouter le camphre dissous dans l’acide acétique
  3. Conserver dans une bouteille en verre teintée à l’abri de la chaleur et de la lumière.

 

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